Déconfinons l’école dans de bonnes conditions !


Alors que le retour en classe s’annonce dans les jours prochains pour les élèves audonien-nes, beaucoup d’interrogations et de peur demeurent.
Il y a bien sûr la peur de l’infection par le coronavirus , mais une interrogation vient s’ajouter à cette crainte : quel protocole mettre en place pour faire respecter les gestes barrières, même aux plus petit-es, tout en permettant de faire de l’école un lieu de rencontre et d’éveil collectif ? Si nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut une réouverture rapide des écoles pour permettre aux enfants de construire leur avenir individuel et collectif, pour éviter d’aggraver le décrochage scolaire, pour éviter de creuser davantage les inégalités, la question des conditions reste, elle, entière.
Sans réponse à cette question, de nombreux parents sont anxieux à l’idée de rescolariser leur(s) enfant(s) à l’école.
En effet, quels moyens sont mis en place pour permettre aux enseignant-es de faire respecter les gestes barrières, de se protéger et d’éveiller dans le même temps nos enfants à de nouveaux savoirs ?


Le confinement a fait ressortir l’ensemble des failles de notre système éducatif, et tout particulièrement dans un territoire comme le nôtre. Il nous faut désormais prendre les mesures nécessaires pour permettre à chaque enfant de revenir à l’école dans des conditions garantissant un apprentissage digne pour tous et toutes, tout en faisant de la classe un lieu d’épanouissement. La crise que nous vivons nous rappelle à quel point l’école est notre bien commun pour construire la société de demain. Il est donc désormais essentiel pour nous d’exiger un plan de rattrapage pour l’école en 2 temps.


Le premier est de créer les conditions d’une reprise rapide de l’école sur l’ensemble du territoire. Cela passe par la garantie de la distribution des fournitures sanitaires nécessaires, en quantité suffisante. Un plan de recrutement d’infirmier-es et de médecins scolaires est aussi indispensable pour développer une véritable médecine préventive dans les écoles. A ceci, nous pourrions associer une réflexion avec les acteurs du milieu éducatif face à l’enfermement du confinement qu’ont vécu les enfants. L’ouverture des squares, parcs et jardins de la ville pour les classes permettrait de sortir les élèves des murs de leur chambre, des espaces virtuels des écrans… et de se reconstruire. Dans une ville minérale comme Saint-Ouen, où les espaces verts sont fermés depuis plusieurs mois, où nombre d’enfants ne partent pas en vacances, enseigner en extérieur sera comme un souffle salvateur. De plus, les risques sanitaires étant moins élevés que les espaces fermés, cela permettra de faire baisser les tensions et l’anxiété générées par la situation inédite que nous vivons. Cette crise doit permettre l’expérimentation de nouvelles formes éducatives.

Le second est de prendre dès la rentrée 2020 les mesures nécessaires pour favoriser la reprise de l’enseignement dû à la crise sanitaire. Ainsi, nous exigeons un moratoire sur l’ensemble des fermetures de classes, soit 169 pour le département de la Seine-Saint-Denis, dont 8 pour Saint-Ouen. A ceci, il nous semble essentiel d’ajouter un plan de recrutement d’enseignant-es afin de baisser les effectifs par classe, une nécessité tant pour faire appliquer les gestes barrières que pour permettre un meilleur suivi de chacun des élèves.
Une augmentation des volumes horaires d’enseignement nous semble important à questionner afin de donner du temps à chacun-e d’apprendre et d’acter dès la rentrée un aménagement des programmes sur les 2 prochaines années. En bref pour la rentrée, nous ne voulons rien de moins que de plus !


Il nous faut nous donner les moyens de construire une l’école où les enfants sont à égalité et où on fait le pari que chaque jeune est capable d’atteindre un haut niveau de formation, de culture et de savoir essentiel pour construire un destin individuel et collectif à tous.
Enfin, nous attendons des garanties de la part du ministère de l’Éducation nationale. La garantie que l’école restera un lieu de sociabilisation et de formation malgré un environnement anxiogène de fait. La garantie que les enseignant-es seront accompagné-es dans leur mission et que leur engagement sans faille tout le long de la crise sanitaire soit enfin reconnu.

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