Quelle mobilité à la sortie du confinement ?

Nous le savons, nous allons devoir vivre pendant plusieurs mois, peut-être plusieurs années avec l’épidémie de COVID19 ; le temps qu’un vaccin soit efficace ou qu’une immunité collective se soit développée. Si la propagation du coronavirus a été freinée par le confinement, elle n’aura pas été endiguée.

Alors que la sortie de confinement s’annonce pour le 11 mai, nombre de personnes vont devoir retourner sur leur lieu de travail, amener leur enfant à l’école, et avec eux, le balai et le flux quotidien des trajets domicile/travail va reprendre en Île de France. Dans ce contexte, les transports collectifs vont être « boudés » par nombre de nos concitoyens qui privilégieront les transports individuels.

C’est pourquoi, il nous semble urgent de travailler à un plan qui développerait massivement les mobilités douces – vélo et marche à pied – plutôt que l’automobile. Il faut absolument éviter un retour massif à l’usage de la voiture, qui va générer saturation du réseau, embouteillages et dégradation importante de la qualité de l’air. Or, nous le savons, la pollution de l’air – les particules fines en particulier – ont un impact important sur les fonctions respiratoires, et augmentent significativement la mortalité des personnes malades. Ces mêmes particules faciliteraient par ailleurs la propagation du virus.

Il y a donc urgence à développer l’usage du vélo :

• Il permet de respecter les règles de distanciations sociales nécessaires pour se prémunir du coronavirus.

• Il évite la saturation des voies de circulation ; à surface égale, le vélo permet le déplacement de beaucoup plus de personnes que les voitures.

• C’est un transport quasiment neutre en gaz à effet de serre, et qui n’émet pas de particules fines dans la ville. La pollution sonore s’en trouvera fortement réduite également, ce qui est un confort pour beaucoup, que les semaines de confinement viennent de révéler.

Lors de la campagne municipale, avec A gauche ! nous avions défendu un programme ambitieux pour le développement du vélo, programme que vous pouvez lire ici (http://agauchesaintouen.fr/?p=374). Nous pensons que face à l’urgence sanitaire, la municipalité doit apporter une réponse forte pour un plan vélo d’urgence permettant un déconfinement plus sûr pour ses habitants et les salariés qui travaillent sur la ville ou transitent par elle.

Ce plan doit s’appuyer sur plusieurs mesures concrètes, immédiates et peu coûteuses. La Région Ile de France et le Département de la Seine Saint-Denis ont débloqué des crédits pour accompagner les villes sur ces plans cyclistes provisoires, Saint-Ouen ne doit pas une fois de plus passer à côté. Il s’agit de profiter d’une voirie encore très peu chargée de voitures, du fait du confinement, pour donner plus de place aux cyclistes en utilisant des outils simples et faciles à mettre en œuvre :

• nous proposons de faire passer l’ensemble des quartiers de Saint-Ouen en zone à 30 km/h, ce qui autoriserait la généralisation des doubles sens cyclables accompagnés de marquages au sol et de signalétiques.

• garantir un meilleur partage de la voirie par des aménagements luttant contre les points noirs de carrefours notamment.

• aménager des boulevards à vélo à l’aide du matériel réglementaire de signalisation de chantier – bornes, balises, peinture orange – sur les axes majeurs de Saint-Ouen : rue Albert Dhalenne, rue du Docteur Bauer, Boulevard Jean Jaurès, Avenue Gabriel Péri, Boulevard Victor Hugo ainsi que sur le pont de Saint-Ouen. Ces boulevards sont des pistes bidirectionnelles, continues et sécurisées qui permettent une réelle séparation avec l’automobile, à l’image de ce qui a été fait boulevard Sébastopol à Paris.

Il faut aller vite et bien, être efficace et pragmatique, en utilisant un mode de mise en œuvre provisoire et réadaptable si nécessaire. Dans la foulée, il faudra accompagner cet aménagement d’urgence d’autres mesures, notamment en équipant la ville de parkings à vélo sécurisés. Le vol de vélo est l’un des freins majeurs à sa pratique régulière.

Ce plan doit être travailler en partenariat et en concertation particulièrement avec Plaine commune et le département de la Seine Saint-Denis. Il devra aussi être élaboré avec les communes voisines, pour qu’il y ait une continuité dans les pistes cyclables, élément essentiel d’une sécurisation des parcours. Les associations d’usagers du vélo comme l’Atelier Solidaire à Saint-Ouen devront être associées. Enfin, il s’agira de travailler avec la région Île-de-France RER Vélo qui, via Vélo IdF va aiguillonner un certain nombre de financements.

Une opportunité historique

Nous appelons le maire ainsi que tous les élus des groupes « Avenir Saint-Ouen », « Tous unis pour Saint-Ouen », « Saint-Ouen, aux actes citoyens » et « Objectifs audoniens » à travailler dans ce sens pour déposer un projet au prochain conseil municipal. Vous avez, lors du débat vélo à l’occasion des élections municipales chacun défendu avec ardeur le développement du vélo. Passons aux actes !

Cette sortie de confinement représente une opportunité historique, un changement de paradigme, pour faire en quelques mois ce qui aurait pris des années ou n’aurait jamais peut-être pu être envisagé. Si la fréquentation de ces pistes cyclables provisoires est au rendez-vous, elles pourront alors être pérennisées, et avec elles, probablement une nouvelle manière de penser et de vivre la ville.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *