Point d’étape – rassemblement de la gauche

Depuis dimanche, et la publication du communiqué d’A gauche rappelant notre volonté d’un rassemblement de toute la gauche pour battre Delannoy, nous avons multiplié les réunions, que ce soit avec des délégations de Réinventons Saint Ouen et du Mouvement Audonien. Pour respecter les votes des Audonien-nes, nous avons demandé une représentation à la proportionnelle sur la base des résultats des différentes listes de gauche en capacité de se maintenir au 2nd tour.

Fidèles à notre volonté de rassemblement, nous avons oeuvré toute la semaine pour obtenir une réunion tripartite entre des délégations de Réinventons Saint Ouen, du Mouvement Audonien et d’A Gauche. Après 5 jours d’effort, cette réunion tripartite a enfin eu lieu. Nous avons noté beaucoup de points de convergence entre les différentes listes, mais il reste des points de blocage (gouvernance partagée, logement public, démocratie, etc.) qui ne parviennent pas pour le moment à être dépassés.

En ce premier jour de possibilité de dépôt des listes de candidats au second tour, le temps presse, mais nous continuons à oeuvrer au rassemblement de gauche pour une ville solidaire et écologique.

Rassembler, à gauche, pour tourner la page de la politique de William Delannoy.

Le Premier Ministre vient d’annoncer la tenue du second tour des élections municipales le 28 juin, sauf nouvelle aggravation dans la propagation de l’épidémie.

Nous regrettons cette décision, tant d’un point de vue sanitaire – alors que notre ville et notre département, ont payé déjà un lourd tribut – que d’un point de vue démocratique puisque cela signifie faire une élection sans réelle campagne, avec un fort risque d’abstention massive.
Mais nous ne pouvons qu’en prendre acte.

* Le premier tour, dans des conditions marquées par l’épidémie, a manifesté néanmoins un fort désaveu de la politique de William Delannoy et de son équipe municipale par les Audonien.nes.

Une politique qui s’assied sur la démocratie comme l’a montré encore la gestion de la crise sanitaire : alors que la majorité des élus au conseil municipal le lui demandaient, le Maire a refusé d’associer les élus municipaux à la gestion de la crise.

Une politique qui fait fi de la participation des citoyens, comme l’a montré après le débat sur la carte scolaire la gestion de la réouverture des écoles par des communiqués de presse municipaux contradictoires.

Une politique qui méprise l’urgence écologique en bétonnant à outrance notre ville alors même que tous les spécialistes s’accordent à dire que l’irruption de la pandémie du Coronavirus est directement liée aux ravages qu’entraîne la quête effrénée du profit sur l’environnement.

Une politique sociale indigne envers les plus fragiles de nos concitoyens. Celles-ci et ceux-ci sont en effet laissés à l’abandon alors qu’ils sont les plus frappés par la crise économique. Ils et elles sont poussés vers la sortie de la ville par une politique d’urbanisation entraînant une flambée insoutenable des prix du logement tandis que le patrimoine social immobilier de la Ville se dégrade à vue d’œil.

* Le premier tour a également montré que les listes de Gauche et Écologiste sont largement majoritaires dans la ville (autour de 60% des suffrages). Mais ces forces ont été fragmentées en plusieurs listes, et le constat est clair : aucune d’entre elle n’est majoritaire seule à Gauche.

Tournons la page de la mandature de William Delannoy et sa politique, par le rassemblement à gauche le plus large possible. Les exigences de démocratie, d’écologie, et de justice sociale, devront être au cœur de l’action de la nouvelle majorité que nous appelons de nos vœux.

Nous mesurons nos responsabilités envers les Audonien.nes. Et c’est de manière publique que nous faisons les 4 propositions suivantes :

1) La garantie d’avoir, demain, une Mairie qui fonctionne de manière démocratique, se construit dès maintenant dans la préparation du second tour. C’est pourquoi nous proposons que les trois listes en mesure de fusionner au second tour s’accordent sur une nouvelle liste qui respecte les proportions issues du suffrage universel exprimé au premier tour, à savoir, sur les 35 places potentiellement éligibles pour la majorité : 16 issues de la liste « Réinventons St Ouen », 12 issues de notre liste « A gauche ! », et 7 issues de la liste du Mouvement Audonien. La tête de liste en ce cas de figure reviendrait à Karim Bouamrane, arrivé en tête de la Gauche et des Écologistes au premier tour.

2) Cette équipe municipale devra s’engager à tourner la page d’une gouvernance autocratique et faire vivre la démocratie au sein du conseil municipal en déconcentrant les pouvoirs du Maire et en renforçant le rôle de tous les élus. Elle consultera également les citoyen.ne.s sur tous les grands projets de la ville, en instaurant des comptes-rendus annuels de mandat, en associant systématiquement les acteurs de l’Éducation sur toutes les décisions concernant l’École (carte scolaire, plan pour la reprise de septembre qui s’annonce compliquée). Elle s’opposera aux fermetures de classes prévues pour septembre dans notre ville. Elle donnera aux associations les moyens (maison des associations) de poursuivre leur remarquable travail de proximité et de solidarité que chacun a pu apprécier en ces temps de crise sanitaire et économique au sein d’une maison des solidarités avec l’ensemble des actrices et acteurs qui agissent sur cette question.

3) Cette équipe municipale devra s’engager à revenir sur la politique anti-écologique et anti-sociale d’urbanisation menée tambour battant par le Maire sortant : travailler à la mise en place d’un moratoire sur les nouveaux grands projets privés, réviser le plan intercommunal d’urbanisme pour favoriser les espaces verts, une coulée verte sur la ville, la pleine terre, les circulations douces, les jardins partagés et l’agriculture urbaine. Cette politique passe aussi par l’encadrement des loyers, autorisé par la loi, l’augmentation significativement de la part des logements sociaux dans les projets en cours sur notre commune ; ainsi que la rénovation thermique du parc social.

4) Cette équipe municipale devra consacrer enfin tous ses efforts à accompagner les Audonien.nes les plus touché.e.s par la grave crise économique et sanitaire qui sévit. Ce soutien passera par le développement des réseaux de solidarité et l’économie locale, sociale et solidaire en soutenant la création d’une régie de quartier comme d’une foncière de commerce, la lutte contre la suppression de 500 lits lié au projet du Grand Hôpital Nord, la rénovation des centre municipaux de santé, l’instauration d’une mutuelle municipale, et l’exploration de la possibilité d’un revenu universel d’existence. Il convient de souligner que cette dernière proposition a déjà été mise en œuvre ailleurs par nombre d’élus socialistes.

Nous ne proposons pas donc que la future équipe municipale reprenne l’intégralité de nos propositions de campagne, mais nous mettons sur la place publique les mesures les plus urgentes qui nous semblent nécessaires pour répondre à la crise sociale, démocratique et écologique qui touche notre ville, notamment après une mandature catastrophique sur ces questions.

Nous proposons, publiquement, raisonnablement, que chacune des listes de gauche y réponde de la même manière : sans attendre et devant les citoyen.ne.s. Nous pourrons ainsi engager des négociations au plus vite afin de sceller un accord pour le second tour des élections municipales créant les conditions pour battre William Delannoy et porter un projet municipal de gauche et écologiste qui réponde aux besoins et aux aspirations des Audonien.nes.

Déconfinons l’école dans de bonnes conditions !


Alors que le retour en classe s’annonce dans les jours prochains pour les élèves audonien-nes, beaucoup d’interrogations et de peur demeurent.
Il y a bien sûr la peur de l’infection par le coronavirus , mais une interrogation vient s’ajouter à cette crainte : quel protocole mettre en place pour faire respecter les gestes barrières, même aux plus petit-es, tout en permettant de faire de l’école un lieu de rencontre et d’éveil collectif ? Si nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut une réouverture rapide des écoles pour permettre aux enfants de construire leur avenir individuel et collectif, pour éviter d’aggraver le décrochage scolaire, pour éviter de creuser davantage les inégalités, la question des conditions reste, elle, entière.
Sans réponse à cette question, de nombreux parents sont anxieux à l’idée de rescolariser leur(s) enfant(s) à l’école.
En effet, quels moyens sont mis en place pour permettre aux enseignant-es de faire respecter les gestes barrières, de se protéger et d’éveiller dans le même temps nos enfants à de nouveaux savoirs ?


Le confinement a fait ressortir l’ensemble des failles de notre système éducatif, et tout particulièrement dans un territoire comme le nôtre. Il nous faut désormais prendre les mesures nécessaires pour permettre à chaque enfant de revenir à l’école dans des conditions garantissant un apprentissage digne pour tous et toutes, tout en faisant de la classe un lieu d’épanouissement. La crise que nous vivons nous rappelle à quel point l’école est notre bien commun pour construire la société de demain. Il est donc désormais essentiel pour nous d’exiger un plan de rattrapage pour l’école en 2 temps.


Le premier est de créer les conditions d’une reprise rapide de l’école sur l’ensemble du territoire. Cela passe par la garantie de la distribution des fournitures sanitaires nécessaires, en quantité suffisante. Un plan de recrutement d’infirmier-es et de médecins scolaires est aussi indispensable pour développer une véritable médecine préventive dans les écoles. A ceci, nous pourrions associer une réflexion avec les acteurs du milieu éducatif face à l’enfermement du confinement qu’ont vécu les enfants. L’ouverture des squares, parcs et jardins de la ville pour les classes permettrait de sortir les élèves des murs de leur chambre, des espaces virtuels des écrans… et de se reconstruire. Dans une ville minérale comme Saint-Ouen, où les espaces verts sont fermés depuis plusieurs mois, où nombre d’enfants ne partent pas en vacances, enseigner en extérieur sera comme un souffle salvateur. De plus, les risques sanitaires étant moins élevés que les espaces fermés, cela permettra de faire baisser les tensions et l’anxiété générées par la situation inédite que nous vivons. Cette crise doit permettre l’expérimentation de nouvelles formes éducatives.

Le second est de prendre dès la rentrée 2020 les mesures nécessaires pour favoriser la reprise de l’enseignement dû à la crise sanitaire. Ainsi, nous exigeons un moratoire sur l’ensemble des fermetures de classes, soit 169 pour le département de la Seine-Saint-Denis, dont 8 pour Saint-Ouen. A ceci, il nous semble essentiel d’ajouter un plan de recrutement d’enseignant-es afin de baisser les effectifs par classe, une nécessité tant pour faire appliquer les gestes barrières que pour permettre un meilleur suivi de chacun des élèves.
Une augmentation des volumes horaires d’enseignement nous semble important à questionner afin de donner du temps à chacun-e d’apprendre et d’acter dès la rentrée un aménagement des programmes sur les 2 prochaines années. En bref pour la rentrée, nous ne voulons rien de moins que de plus !


Il nous faut nous donner les moyens de construire une l’école où les enfants sont à égalité et où on fait le pari que chaque jeune est capable d’atteindre un haut niveau de formation, de culture et de savoir essentiel pour construire un destin individuel et collectif à tous.
Enfin, nous attendons des garanties de la part du ministère de l’Éducation nationale. La garantie que l’école restera un lieu de sociabilisation et de formation malgré un environnement anxiogène de fait. La garantie que les enseignant-es seront accompagné-es dans leur mission et que leur engagement sans faille tout le long de la crise sanitaire soit enfin reconnu.

Racisme et violences policières ne sont pas confinés !

« Un bicot, ça ne nage pas », « Ca coule, tu aurais dû lui attacher un boulet aux pieds », les propos racistes et les rires gras font froid dans le dos, tout comme les bruits des coups qui s’abattent dès les portières du fourgon de police refermées. Dans la nuit de samedi 25 à dimanche 26 avril, à l’Ile-Saint-Denis sur les berges de la Seine, des policiers des Hauts de Seine poursuivent un homme, qui saute dans la Seine pour leur échapper. Visiblement ils s’amusent. Les images filmées et mises en ligne sur les réseaux sociaux suscitent la plus vive indignation. Ces injures racistes, ces plaisanteries abjectes, à cet endroit où le 17 octobre 61, des manifestants algériens avaient été jetés à la Seine, résonnent comme un coup poing dans le ventre. Impossible cette fois de relativiser, de dire qu’on ne connaît pas le contexte. Même le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner est obligé de se fendre d’un tweet clamant que « le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine » . Si deux des policiers ont cette fois été suspendus administrativement, racisme et violences policières bénéficient pourtant d’une certaine mansuétude. Le commissaire présent sur place avait déjà été condamné en 2008 pour violences policières et est cité dans l’affaire Théo…

Depuis le 13 mars, les réseaux sociaux sont l’écho de contrôles policiers violents C’est à Aubervilliers, une jeune femme de 19 ans, molestée, pour être sortie chercher du lait pour son enfant avec une attestation manuscrite, C’est dans l’Essonne un jeune homme passé à tabac- livreur pour Amazon, il était parti en courant parce qu’il avait oublié son attestation. ..Notre département, sous doté en équipement de santé et autres services publics, devient l’objet de toutes les « attentions » de la police. Un article de Libération (26 avril 2020) pointe un taux de verbalisations dans le 93 trois fois plus important que sur le reste du territoire (17% contre 5,9%). Si la jeunesse de notre population, les appartements surpeuplés rendant plus difficile le confinement peuvent expliquer en partie ces chiffres, c’est bien une différence de comportement policier qui est pointée !

Les associations ciment de la solidarité audonienne

La crise sanitaire actuelle met en évidence l’absurdité d’un modèle économique qui n’a cessé d’aggraver les inégalités et mis à mal la planète depuis plusieurs décennies. Durant cette période de confinement, le travail des associations est d’autant mis en lumière grâce à leur connaissance du terrain, leur réactivité et générosité. Ainsi, depuis plusieurs semaines, nous sommes tous témoins et/ou acteurs de la mobilisation nationale développée par les citoyens et les associations.

Celles-ci, issues des Lumières, jouent un rôle majeur dans la vie sociale, politique et économique française surtout depuis la loi de 1901. La liberté d’association est aussi garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et la Convention européenne de 1950. Les associations regroupent plus de 23 millions d’adhérents, bénévoles ou salariés et ont pour objet des buts non lucratifs même s’ils sont commerciaux. Aujourd’hui, la vie associative irrigue tous les champs de la société. Nous savons combien leurs actions sur le terrain participent au maintien de la cohésion sociale, accompagnent et parfois se substituent par nécessité aux acteurs institutionnels, jouent un rôle indispensable de contre-pouvoirs dans une démocratie.

Nous avons déjà souligné, avec A gauche ! que «… L’étendue de l’offre et la richesse du tissu associatif ont été depuis longtemps un atout pour la ville et un facteur de cohésion sociale. » Le contexte actuel en est une formidable preuve.

Le maillage du mouvement associatif permet d’identifier ceux qui isolés, en souffrance, ont plus que jamais, besoin d’être entourés et aidés. Dans les Bulletins de confinements précédents et sur les réseaux sociaux audoniens, vous pouvez constater la somme de solidarités qui contribue à aider ceux qui ont des besoins particuliers et qui en sont actuellement privés. Beaucoup d’audoniens et d’associations offrent des services adaptés aux besoins exprimés : dons (aliments, repas, livres, jeux), courses, livraisons, aide aux devoirs, échanges téléphoniques réguliers, fabrication de masques….

Les personnes et les soutiens de notre liste démontrent un bel exemple de solidarité, chacun à sa manière, incarnant les valeurs qui sont au cœur de notre programme.

Nos associations sont d’ailleurs inquiètes de ne pas avoir d’informations de la part du maire ou du 1er adjoint L.Kémache en charge des associations et de la démocratie… sur le versement des subventions 2020 et les inscriptions à la rentrée. Des adhérents demandent le remboursement du second trimestre, alors que certaines associations sportives ont fait le choix de poursuivre la rémunération des entraîneurs, une concertation serait donc appréciée pour une position commune et une prévision quant à leur trésorerie. « Le tissu associatif est un des piliers de la vie citoyenne et de l’animation dans notre ville ; nous souhaitons instaurer un nouveau partenariat plus respectueux des acteurs et de leurs engagements en aidant davantage les associations et en facilitant leurs activités. »

Oeuvrons à rassembler la gauche dans sa diversité

Notre liste A gauche, pour une ville solidaire et écologique a mené une belle campagne, dynamique et claire sur les valeurs de gauche, de justice sociale, de volonté démocratique et d’ambition écologique fortes. Notre score est le reflet de notre engagement et de notre présence sur le terrain depuis six ans.

La gauche rassemblée dans sa diversité peut battre la droite de William Delannoy et porter une alternative qui redonne de l’espoir aux habitants. Pour cela le rassemblement doit porter des marqueurs forts des valeurs de la gauche : refuser le projet de grand hôpital tel qu’il est prévu, lutter avec détermination contre la spéculation immobilière, s’attaquer frontalement aux défis écologiques avec la priorité à la rénovation, restructuration du logement public dans le cadre de l’Anru et enfin à la mise en œuvre d’une véritable démocratie directe impliquant tous les citoyen-ne-s.

Une élection municipale est une élection locale, si c’est l’élection – après celle du Président de la République – la plus appréciée des français-e-s c’est pour cet aspect de proximité, les habitants votent pour un projet et un programme mais aussi et peut-être avant tout pour des gens qu’ils connaissent, qu’ils côtoient, qu’ils apprécient et en qui ils ont confiance pour s’occuper de leur quotidien. C’est pourquoi, notre liste était constituée de femmes et d’hommes engagé-e-s sur le terrain aux côtés des audonien-ne-s dans leurs luttes ou revendications. Le confinement n’empêche pas les colistier-e-s d’A Gauche d’être aux côtés de celles et ceux qui en ont le plus besoin. La solidarité en actes est dans notre ADN, c’est pourquoi comme les autres forces de gauche et de progrès sur notre commune, nous nous retrouvons pour apporter soutien et réconfort partout où c’est nécessaire. ,Nous préparons dores et déjà les jours d’après.

Notre score du 15 mars dernier nous permet demain d’être acteurs du rassemblement de la gauche. Demain comme hier nous œuvrerons à rassembler la gauche dans sa diversité pour offrir à tous les audonien-ne-s un avenir plus solidaire, plus écologique et plus démocratique à notre ville.