Lettre ouverte à Martin Hirsch, Directeur général de Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP).

Dans cette crise sanitaire sans précédent, nous, colistier-e-s de « A Gauche! Pour une ville solidaire et écologique » à Saint-Ouen, voulons nous adresser à vous, Monsieur Hirsch.

Lors de notre campagne électorale, certain-e-s d’entre nous, de nos proches, de nos militant-e-s mais aussi des habitant-e-s que nous avons eu l’occasion de rencontrer ont contracté le Covid-19. Nous n’avons pas cherché à le cacher ni à minimiser cette situation au sein de notre équipe de campagne. Et nous saluons le courage, l’exemplarité, la conscience professionnelle des personnels de santé de l’APHP comme des centres municipaux de santé à qui nous avons eu affaire au cours de cette dernière semaine.

Si nous nous adressons aujourd’hui à vous, c’est parce que nous nous souvenons de votre venue à Saint-Ouen lorsque vous nous aviez affirmé lors d’une réunion dite « de concertation » que nous étions des « archaïques » (c’était votre terme) parce que nous refusions votre projet de grand hôpital nord que vous voulez implanter en lieu et place de l’usine PSA, au cœur de notre ville.

Non, nous ne refusons pas un nouvel hôpital dans notre département. Mais ce que nous refusons, c’est la suppression de 500 lits, assortie de la suppression de plusieurs centaines de postes de soignants qu’engendrera la fusion des hôpitaux Bichat et Beaujon et qui est un des fondements de votre projet « Grand hôpital Nord ».

500 lits, c’est l’équivalent d’un hôpital de province.

Si nous avons l’impudence de vous rappeler vos mots, M. le directeur général, c’est que les circonstances, tragiques, font malheureusement l’économie de la démonstration : voulez-vous vraiment, Monsieur Hirsch, réduire les moyens de l’hôpital public ? Nous nous adressons aussi à vous en toute solennité pour que vous reveniez sur votre projet de grand hôpital tel que vous l’avez imposé jusqu’à maintenant. Nous avons depuis le début, contre le projet de fusion, défendu le double projet, d’un côté, de rénovation et d’extension de l’hôpital Bichat et, d’autre part, d’implantation d’un hôpital de taille moyenne sur notre secteur du Département.

Nous ne vous demandons aujourd’hui rien de plus qu’entendre les vœux formulés par le président de la République : sortir l’Hôpital public de la logique du marché, ne plus supprimer de lit d’hôpital et, à St Ouen, ne pas poursuivre votre projet de grand hôpital nord en lieu et place de l’usine PSA.

Aujourd’hui comme hier nous sommes disponibles pour envisager avec vous l’implantation d’un hôpital sur le secteur de Plaine Commune et la rénovation restructuration extension de l’hôpital Bichat et du CHU attenant, hôpital qui se trouve à la porte de Saint-Ouen et qui a toutes les capacités d’un hôpital francilien rénové et d’avenir.

Recevez, Monsieur le directeur général, nos respectueuses salutations.

Plus d’écoles pour nos enfants

Alors qu’il n’a eu de cesse de vouloir rentabiliser et bétonniser chaque mètre carré de la ville, augmentant de fait le nombre d’habitant.e.s à Saint-Ouen, le maire William Delannoy et son équipe n’ont pas su créer de bonnes conditions d’accueil pour les nouveaux habitant.e.s.

Ainsi la majorité municipale actuelle laisse une dette de sous investissement en ce qui concerne les établissements scolaires de la ville.
Ce sont 4 écoles et un collège qui manquent sur Saint-Ouen pour créer des conditions d’accueil et d’apprentissage dignes à l’ensemble des jeunes audoniennes et audoniens.

Parce que nous considérons que la réussite de tous et toutes est une priorité, nous consacrerons une part conséquente du budget d’investissement pour construire et rénover les écoles de la ville. De même, dès le lendemain de notre élection, nous rentrerons en dialogue avec le département pour faire inscrire la construction d’un nouveau collège dans le budget.

Si la construction des école est obligatoire, il semble important de dire quelles écoles l’on souhaite. Étant donné, la difficulté d’avoir du foncier à Saint-Ouen pour notre municipalité, il s’agit aussi de penser l’architecture des écoles différemment : qu’elle soit école, mais aussi salle associative, conservatoire décentralisé, relais dans un quartier de service public… Cela signifie qu’il faut profité du foncier acquis pour l’école pour y ajouter des étages au-dessus pour d’autres équipements collectifs, et donc d’avoir une vision de l’école à construire. En France, nous avons la tradition républicaine qui place l’école seule, centrale, un peu comme la mairie d’ailleurs. Il faudra repenser cette conception et la prochaine mandature peut en être l’occasion. La mairie de Paris le fait déjà depuis un certain temps. C’est un sujet important pour les municipales.

Nous créerons une maison des femmes

En 2019, 149 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une femmes tous les deux jours et demi. Face à l’ampleur de ces féminicides, nous ne pouvons plus rester inactifs. L’accompagnement des femmes victimes de violences est primordial. Pour cela, nous ouvrirons une Maison des Femmes, inspirée de celle qui existe à Saint Denis, dans l’enceinte de l’hôpital Delafontaine.

Cette Maison des Femmes sera située au sein de la future Fabrique de la Santé. Dans un espace aménagé de façon conviviale, elle permettra aux femmes qui ont vécu des violences conjugales  et/ou sexuelles de rencontrer différents professionnels (assistantes sociales, psychologues..). Nous serons attentifs à ce que la parole de toutes les femmes soient entendues. Trop souvent, les femmes trans ne reçoivent pas l’accueil adéquate  Nous négocierons avec le commissariat la tenue de permanences de policier-es spécialement formé.es à l’accueil des victimes pour que le dépôt de plainte ne se transforme pas en épreuve supplémentaire et qu’il puisse s’effectuer dans les mêmes lieux. Saint Ouen devrait accueillir le grand Hôpital Nord. Dans le cadre, d’une convention passée avec l’Assistance publique -hôpitaux, nous demanderons qu’un.e médecin légiste soit aussi présent dans ce lieu pour établir les constatations médicales nécessaires aux procédures judiciaires Nous établirons une convention avec SOS femmes, association départementale de lutte contre les violences conjugales et étendrons celle conclue avec le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) pour que ces structures tiennent des permanences dans ces locaux.,

Parce que nous savons qu’il n’est pas simple de passer la porte d’un lieu qui vous identifie comme victime, parce que le droit des femmes à disposer de leur corps reste une bataille, cette Maison des Femmes sera aussi un espace de dialogue sur la sexualité. Nous négocierons avec le Conseil Départemental qu’un centre de planification soit installée dans ce lieu  (consultation d’un.e gynécologue, permanence d’un.e conseiller.e familial.e), les mineur.es pourront y être accueilli.es gratuitement, se faire prescrire une contraception, demander une interruption volontaire de grossesse (IVG).

Les violences ont comme terreau le sexisme. C’est la raison pour laquelle cette Maison des Femmes sera aussi un lieu ressource pour combattre ce fléau. En lieu avec les centres de loisirs, le bureau information de jeunesse (BIJ), elle sera notamment un relais de sensibilisation auprès des enfants et des adolescents pour promouvoir l’égalité filles-garçons et la lutte contre la LBGT phobie.

Vélo pour toutes et tous !

Le vélo doit prendre toute sa place à Saint-Ouen, pour améliorer la qualité de vie des habitant.es dans leur ensemble. La France est en retard sur cette question par rapport à nombre de ses voisins européens, et nous pensons que c’est à l’échelle locale que les choses peuvent changer.

Nous portons un programme ambitieux pour la place du vélo dans la Ville, connaissant ses nombreux bienfaits :

·       Environnement : le report modal vers le vélo permet de réduire la pollution de l’air et les nuisances sonores.

·       Santé : la pratique d’une activité physique régulière comme le vélo améliore l’état de santé global des individu.es (physique et mental), et diminue les risques de maladies chroniques et de mortalité précoce. 

·       Pouvoir d’achat : les mobilités actives sont peu onéreuses tant pour les individu.es que pour la collectivité (faible coût d’investissement et surtout très faible coût de fonctionnement), notamment par rapport à la voiture particulière. A débit identique, une piste cyclable est environ 200 fois moins chère qu’une autoroute urbaine, 50 fois moins chère qu’un métro lourd, et 25 fois moins chère qu’un tramway.

·       Commerce : le vélo est aussi un bénéfice pour l’économie de la ville et des commerces car les rues piétonnières et cyclables favorisent le commerce de proximité.

Ce qui nous différencie des autres listes sur ce sujet, c’est que nous assumons clairement le projet de réduire la place de la voiture. L’espace public n’est pas extensible, et notre priorité est de réduire l’espace dédié aux véhicules polluants, pour en créer davantage pour les autres modes de transport.

C’est une politique de rupture que nous proposons en 5 grands points :

1.     Agir sur le plan de circulation et la conception de l’espace public

Les pistes existantes sont souvent insuffisantes, inadaptées voire dangereuses, car imaginées simplement comme un “à côté” de la voiture.Il ne suffit donc pas de promettre de nouvelles pistes mais bien de garantir que les grands axes audoniens soient réellement cyclables et connectés à un réseau à travers toute l’Ile de France comme RER V (Saint-Ouen reste à intégrer). Il faut pacifier l’ensemble de la ville, avec un espace public pensé en priorité pour les piéton.nes et les vélos – il s’agit de renverser la logique, où la vitesse des voitures est réduite.

Nous collaborerons étroitement avec le département et Plaine Commune pour concevoir et déployer le « Plan Local de Déplacements », et travailler en particulier les actions qui visent à favoriser les déplacements piéton.nes et à vélo. Avec la préparation des Jeux Olympiques, des rénovations sont prévues dans les prochaines années et il faudra être réactif et combatif dans les 6 prochains mois pour profiter de cette occasion de nouveaux projets.

·       Nous réduirons la place de la voiture, généraliserons les zones 30km/h : nous sanctionnerons davantage les stationnements sur pistes cyclables (amendes, panneaux, plots)

·       Nous créerons des « boulevards à vélo » (piste bidirectionnelle) pour se déplacer efficacement et en sécurité (voir la carte)

·       Nous créerons des contre-sens cyclables dans les rues qui le permettent, avec aménagement si nécessaire (rue du Landy par exemple)

·       Nous rendrons piétonnières et cyclables certaines rues (par exemple la rue des Rosiers et les voies sur berge en fin de semaine)

·       Nous aménagerons des promenades non motorisées – la voie verte étant une proposition forte de notre programme.

Pour que les cyclistes ressentent l’aisance à vélo et le bien-être à Saint-Ouen :

·       Nous offrirons davantage d’arceaux de stationnement partout dans la ville – à la place de stationnements automobiles – et nous augmenterons les normes de parking vélo dans les nouveaux immeubles en modifiant le PLUI

·       Nous développerons les parkings sécurisés, notamment aux alentours de la station de métro Garibaldi et des stations de métro de la Mairie de Saint-Ouen et du RER C. Des parkings sécurisés seront également construits dans la ville, en particulier pour les habitant.es qui n’ont pas de place pour le stationnement du vélo dans leur immeuble (à la place des stationnements automobiles).

2.     Éduquer et sensibiliser

Pour développer une culture vélo et encourager sa pratique, nous agirons sur l’éducation et la sensibilisation :

·       Nous sensibiliserons et formerons au vélo dans les centres de loisirs et pour les personnes volontaires

·       Nous créerons « une semaine sans ma voiture » : l’idée est que les personnes volontaires, et dont la situation le permet, sortent de leur dépendance à la voiture le temps d’une semaine. Un vélo pourra être prêté pour l’occasion à toutes les personnes volontaires. Cette semaine commencera par une « fête du vélo » qui pourra l’occasion d’une parade à vélo et/ou d’une course !

·       Nous prêterons un vélo à chaque adolescent.e audonien.ne, à partir de 14 ans jusqu’à sa majorité

·       Nous communiquerons sur les bienfaits du vélo.

3.     Démultiplier la pratique du vélo

Encourager la pratique du vélo partout et à tout âge, cela veut aussi dire la rendre plus accessible :

·       Nous réinstallerons les stations de Vélibs

·       Nous diminuerons les prix d’achat grâce aux subventions municipales et régionales

·       Nous soutiendrons le tissu associatif, les ateliers de réparation et d’entretien

·       Nous développerons une régie de quartier dont l’une des missions sera la réparation de la flotte municipale et/ou des particuliers. Elle sera aussi la base arrière d’une coopérative de livraison à vélo

·       Nous organiserons une bourse au vélo pour faciliter les achats/ventes

·       Nous développerons les livraisons à vélo en encourageant la construction et le parking sécurisé de vélos cargos.

4.     Se doter d’une vraie gouvernance municipale sur le vélo

Encourager la pratique du vélo, c’est aussi se donner les moyens d’avoir une gouvernance efficace,

·       Nous nominerons un.e élu.e référent.e au vélo

·       Nous créerons une commission extra-municipale sur la question du vélo à Saint-Ouen réunissant tous les acteurs du vélo – usagers, associations, collectivités locales, services – pour co-construire le plan vélo local. Conformément à notre volonté démocratique, elle sera ouverte et transparente

·       Prévention et répression : la police nationale et municipale – dont une brigade à vélo – auront pour mission de verbaliser les différentes infractions notamment celles liées au non-respect des pistes cyclables (stationnement, scooter empruntant les voies, etc.)

5.     Faire de Saint-Ouen une municipalité cycliste

·       Nous aurons une politique d’incitation à la pratique du vélo à destination des agents de la commune, notamment via le forfait mobilité (jusqu’à 400 euros/par an, cf loi d’orientation des mobilités). Il s’agit de rétribuer financièrement les coûts des déplacements à vélo

·       De la même manière, nous inciterons les entreprises de Saint-Ouen à en faire autant

·       Nous créerons une flotte de vélo en libre-service pour le personnel pour les déplacements du personnel

·       Nous déploierons également une flotte de vélo utilitaire pour les services de la ville.

Pédaler facilement et sécurité à Saint-Ouen, c’est l’ambition de A Gauche ! Pour une ville solidaire et écologique.